Dans les coulisses d’un journal de PQR : Le Dauphiné Libéré

Jan 14, 2014

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En tant qu’attachée de presse, mon rôle est de faire l’intermédiaire entre les entreprises et les médias, en communiquant à ces derniers des informations de qualité pour les voir publiées dans la presse. Outre cet aspect, le rôle d’un RP, à mon sens, est aussi d’expliquer à son client les codes du métier (bouclage rédactionnel, échéances à respecter, non-obligation pour un journaliste de publier tel ou tel sujet …) pour optimiser la relation client – RP – journaliste.

Mais ce n’est pas toujours évident, lorsque l’on est complètement extérieur à ce domaine, de comprendre comment, dans les coulisses, les rédactions s’organisent pour recevoir l’information, la traiter et la publier.

C’est en partant de ce postulat que j’ai décidé d’infiltrer les bureaux de certaines rédactions, telle une petite souris, pour dévoiler les petits secrets des journalistes !

Travaillant à Grenoble depuis environ 4 ans, je suis très souvent en contact avec les journalistes locaux, que ce soit par téléphone, par mail ou de visu, lors d’événements. J’ai la chance de pouvoir désormais connaître une grande partie des journalistes de la ville, et Luis Pedro en fait partie.

Luis est le Chef de Centre du Dauphiné Libéré de Grenoble. Il s’est gentiment proposé de me servir de guide pendant toute une matinée, afin de m’expliquer comment ça marche, en vrai, un journal de PQR (Presse Quotidienne Régionale).

Suivons le guide !

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Arrivée à 9h30 en compagnie de ma consoeur Solenn, je passe les portes du Dauphiné Libéré. Là, 1ère découverte : le rez-de-chaussée abrite en fait les bureaux de la publicité. « La rédaction, c’est à l’étage », nous glisse-t-on. Ni une ni deux, on y va !

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C’est donc Luis qui nous accueille. A peine arrivées, il nous transmet plein d’informations intéressantes en guise d’introduction. Il faut savoir que le Dauphiné Libéré est présent sur 9 départements, du Vaucluse en Haute-Savoie, avec comme point d’orgue Veurey, centre de presse où sont envoyées toutes les éditions départementales pour une dernière relecture et pour l’impression.

L’Isère est le seul département divisé en 2 : Isère Nord et Isère Sud, et le Dauphiné Grenoble s’occupe de 4 éditions :

– Grenoble
– Grésivaudan
– Chartreuse / Sud Grésivaudan
– Romanche/Oisans

Sachant que le Dauphiné Libéré est édité à 300 000 exemplaires (dont 40 000 pour l’Isère Sud), chaque édition est envoyée de manière échelonnée aux rotatives pour permettre un flux d’impression fluide. La 1ère tournée part à 23h.

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 Luis, comment est orchestrée l’organisation au sein du Dauphiné de Grenoble ?

Il y a environ 40 personnes à la rédaction. Les journalistes s’occupent d’articles par thématiques ou par zones géographiques définies. Nous préparons le « chemin de fer » à la veille de chaque édition, autrement dit tous les jours, même le dimanche. Nous définissons précisément la place de chaque article ou publicité dans une maquette, et nous avons des longueurs à respecter pour chaque rubrique.  C’est indispensable pour la bonne marche du journal.

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Le chemin de fer d’une rédaction est la représentation visuelle de ce à quoi ressemblera le journal une fois terminé, page par page. Au Dauphiné, Luis me glisse que son chemin de fer est immuable :

– la Une
– les pages départementales
– les pages locales
– les sports
– les pages nationales France/Monde (ces pages sont souvent des actualités repérées dans l’AFP)

Comment faites-vous pour savoir de quel sujet vous allez traiter ?

Outre les mails que les journalistes échangent avec moi, nous organisons quotidiennement des comités de rédaction (en l’occurrence le matin à 10h) pour définir les sujets qui vont êtres traités dans l’édition du lendemain. Ensuite, vers 11h, je pars en téléconférence avec tous les responsables des autres départements. Cela permet à chacun de savoir ce qu’il doit faire !

luis_pedro_nbVous avez aussi une version internet et êtes présents sur les réseaux sociaux. Qui s’en occupe et de quelle manière ?

C’est Stéphane Echinard, le chef d’Agence, qui anime le plus souvent la page Facebook. Quant au compte Twitter, c’est moi-même qui m’en occupe. C’est devenu indispensable pour tenir les lecteurs informés de l’actualité régionale. En quelques mois, nous sommes passés de 0 à presque 2000 abonnés. Et nous souhaitons continuer sur cette lancée!

Le site internet est alimenté par les journalistes. Nous avons un back-office commun où sont concentrés tous les articles publiés ou en attente de publication. Dès que nous pouvons rendre publiques nos informations, les articles sont envoyés à notre plateau multimédia à Veurey pour publication finale sur le site internet. Parfois, il arrive que des articles soient écrits à l’avance. Cela nous permet d’être ultra réactifs en cas de grosse news !

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Pour finir, et en tant qu’attachée de presse curieuse, j’ai profité de ce moment privilégié pour poser quelques questions plus « personnelles » à Luis, notamment sur la relation RP/journaliste. Chers confrères ou consoeurs, prenez note 😉

Combien de mails reçois-tu par jour ?

Pour ma part, en tant que Chef de Centre, je reçois une centaine de mails par jour. Mais je pense que mes collègues journalistes en reçoivent 3 fois plus !

Quelle importance attaches-tu aux communiqués que l’on t’envoie ?

Pour être honnête, il y a « communiqué » et « communiqué ». Ceux qui m’apportent une vraie info, et qui plus est sont impactants dans leur formulation, il est toujours intéressant de les garder et de prendre le temps de les lire. Mais certains communiqués s’apparentent plus à de la publicité ou des spams, et là, autant dire que ça part directement à la poubelle !

Comment un mail peut-il attirer ton attention ?

Il y a 2 choses : l’objet du mail doit être informatif et clair. Si c’est trop tourné pub, j’efface tout de suite ! Et j’ai pris pour habitude de classer mes mails par expéditeur. Je fais confiance à certain(e)s attaché(e)s de presse, donc j’ouvre leurs mails sans hésiter car je sais que j’aurai une information intéressante.

Les appels relances des RP, nécessaire ou embêtant ?

Nécessaire ! On a une multitude de sujets à traiter, donc les appels des attachés de presse font office de piqûres de rappel !

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Et voilà, le 1er article de cette nouvelle série « Dans les coulisses de … » s’achève ici !

Un grand merci à Luis pour avoir eu la gentillesse de m’ouvrir les portes de cette institution grenobloise, et à bientôt pour de nouvelles découvertes ! Un petit indice ? Je me glisserai dans les coulisses d’une TV locale 😉

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